27 avril 2005

L'addition sera salée


Les méfaits du sel


Un lien étroit a en effet pu être établi entre une consommation excessive de sel et les complications d’ordre vasculaire, notamment chez les personnes souffrant déjà d’hypertension. On dénote en particulier :
Une augmentation systématique de la tension artérielle et une augmentation des fréquences d’hypertension dans la population,des insuffisances cardiaques ou, tout au moins, des troubles du rythme cardiaque,une mortalité due aux accidents vasculaires cérébraux plus élevée, notamment chez les personnes en surcharge pondérale.
Une accentuation de l’ostéoporose : un taux élevé de sel dans le sang favorise en effet, une élimination accrue de calcium dans les urines. Au bout de plusieurs années, cela peut se traduire par une diminution de la densité minérale osseuse et une aggravation de l’ostéoporose.

Pierre Meneton, chercheur à l’Inserm et chargé de coordonner ce congrès, a élaboré un rapport faisant état de la consommation en sel des Français et son impact sur leur santé. Les résultats sont accablants :
Les Français consomment en moyenne 10g de sel par jour, mais 40% d’entre eux en consomment plus de 12g, alors que l’apport recommandé se situe autour de 6g. C’est beaucoup trop !
« Il y a un lien direct entre l’excès de sel dans l’alimentation et l’hypertension artérielle. », puisque « les gènes qui contrôlent la pression artérielle sont aussi ceux qui régulent la reabsorbtion de sel au niveau des reins » explique P. Meneton.

Tous les résultats d’études vont donc dans le sens d’une réduction de l’apport sodé dans l’alimentation. Selon Pierre Meneton, une réduction de 30 % de l’apport sodé (de 9 à 6 g par jour) réduirait la fréquence des accidents vasculaires cérébraux de 22% et celle des infarctus du myocarde de 16%. Ce qui reviendrait à sauver 25.000 vies en France chaque année.
Les consommateurs connaissent généralement les risques liés à l’excès de sel, mais ce qu’ils ignorent souvent, c’est que plus de 70% du sel consommé provient des plats industriels et de ceux consommés dans les restaurants ou les fast-foods. Les autres aliments en cause sont le pain, les céréales, les conserves, les charcuteries et les fromages.


Seulement voilà : le sel est un produit intéressant pour l’industrie agroalimentaire car son pouvoir assoiffant fait grimper les consommations de boissons. Une réduction aussi importante de l’apport de sel dans l’alimentation entraînerait un manque à gagner de 6 milliards d’Euros pour notre seul pays. Selon le journal, Le Point, Pierre Meneton, auteur du rapport sur la nocivité du sel, aurait fait l’objet d’une attention toute particulière aux plus hauts niveaux de l’Etat. Les services généraux l’auraient mis sur écoute, sous prétexte d’« atteinte à la sûreté de l’Etat », et avec lui, tous ses collaborateurs et même son entourage familial. Le niveau de surveillance dont il aurait fait l’objet est habituellement réservé aux espions ou aux terroristes. Est-ce bien de la France, ce grand pays démocratique, dont il s’agit ? Cela laisse songeur !
Finalement, les industriels de l’agroalimentaire ont fait savoir qu’ils suivraient les recommandations de l’Afssa (réduction de 25% au rythme de 4% par an).

En attendant que le plan anti-sel soit mis en place, chacun peut d'ores et déjà contrôler le sel qu'il apporte à son alimentation. Et cela commence par supprimer les habitudes alimentaires à risque :
-éviter la salière sur la table
-bannir le saupoudrage systématique
-remplacer le sel par d'autres types d'assaisonnement comme les épices, les herbes aromatiques.
-ne pas habituer les jeunes enfants à manger trop salé car les habitudes alimentaires se prennent dès l'enfance et il est difficile d'en changer à l'âge adulte. Une campagne d'information en direction des mères de famille et des restaurants scolaires va d'ailleurs être mise en place dans ce sens.




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